Une vie de poubelle

Frank Désprez, journaliste de Nancy, Lorraine s’est fait embauché come intérimaire dans une filiale de Véolia propreté qui traite les déchets du grand Nancy, une vie de poubelle difficile pour alimenter l’incinérateur de Ludres

Pénible par nature, le métier d’éboueur l’est d’autant plus lorsque les tournées se font plus nombreuses, sans moyens humains supplémentaires. Les éboueurs sont parfois pris en étau entre les restrictions budgétaires des collectivités territoriales et la volonté des entreprises de faire des bénéfices. C’est ce qu’a remarqué Franck Désprez, un journaliste basé à Nancy, en Lorraine. Pendant quatre mois, il a travaillé en tant qu’intérimaire parmi les éboueurs du Grand Nancy. Il raconte l’ordinaire méconnu de ces galériens des aurores.

Autoroute A33, 3 h 30 du matin. Nuit d’encre, lundi d’insomnie. Février froid. Sur ce grand axe qui relie Nancy à Ludres, 77 éboueurs et 46 chauffeurs [1] se croisent inlassablement. Équipe du soir, équipe du matin, éternel refrain. Au loin, la cheminée d’un immense bâtiment surplombe modestement le paysage industriel horizontal, 280 hectares sur lesquels 330 entreprises, grossistes, hangars, garages et autres prestataires de services logistiques emploient 8 000 salariés.

Chaque année 120 000 tonnes de déchets sont avalées ici sur l’une des deux lignes d’incinération – un vilain terme auquel on préfère celui de valorisation. Le centre de valorisation des déchets – ainsi se nomme-t-il – produit de l’électricité et du chauffage à partir de la combustion des déchets. Une bonne partie d’entre eux est apportée par le prestataire de collecte du Grand Nancy, l’entreprise Rimma [2], filiale de Veolia Propreté, située juste à côté. C’est là que je me rends. Je quitte l’autoroute pour retrouver mes collègues. La tournée peut commencer.

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